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 Anthologie de poèmes - LA PLUIE

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Antacchan
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MessageSujet: Anthologie de poèmes - LA PLUIE    Mer 11 Nov - 21:44

Anthologie poétique personnelle : La Pluie

A) Brumes et pluies -Charles BAUDELAIRE

Ô fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue
D'envelopper ainsi mon coeur et mon cerveau
D'un linceul vaporeux et d'un vague tombeau.

Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue,
Où par les longues nuits la girouette s'enroue,
Mon âme mieux qu'au temps du tiède renouveau
Ouvrira largement ses ailes de corbeau.

Rien n'est plus doux au coeur plein de choses funèbres,
Et sur qui dès longtemps descendent les frimas,
Ô blafardes saisons, reines de nos climats,

Que l'aspect permanent de vos pâles ténèbres,
- Si ce n'est, par un soir sans lune, deux à deux,
D'endormir la douleur sur un lit hasardeux.


B) Il pleut doucement sur la ville -Arthur RIMBAUD

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s'ennuie
O le chant de la pluie!

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi! nulle trahison?
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine!


C) Pluie -René-François SULLY PRUDHOMME

Il pleut. J'entends le bruit égal des eaux ;
Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,
Se penche et brille en pleurant sous l'averse ;
Le deuil de l'air afflige les oiseaux.

La bourbe monte et trouble la fontaine, 
Et le sentier montre à nu ses cailloux. 
Le sable fume, embaume et devient roux ; 
L'onde à grands flots le sillonne et l'entraîne.

Tout l'horizon n'est qu'un blême rideau; 
La vitre tinte et ruisselle de gouttes ; 
Sur le pavé sonore et bleu des routes 
Il saute et luit des étincelles d'eau.

Le long d'un mur, un chien morne à leur piste, 
Trottent, mouillés, de grands boeufs en retard ; 
La terre est boue et le ciel est brouillard ; 
L'homme s'ennuie : oh ! que la pluie est triste !


D) Ce que dit la pluie -Jean RICHEPIN

M'a dit la pluie : Écoute 
Ce que chante ma goutte, 
Ma goutte au chant perlé. 
Et la goutte qui chante 
M'a dis ce chant perlé :
Je ne suis pas méchante, 
Je fais mûrir le blé.

Ne sois pas triste mine 
J'en veux à la famine.
Si tu tiens à ta chair,
Bénis l'eau qui t'ennuie 
Et qui glace ta chair ; 
Car c'est grâce à la pluie 
Que le pain n'est pas cher.

Le ciel toujours superbe 
Serait la soif à l'herbe 
Et la mort aux épis.
Quand la moisson est rare 
Et le blé sans épis, 
La paysan avare 
Te dit : Crève, eh ! tant pis !

Mais quand avril se brouille, 
Que son ciel est de rouille, 
Et qu'il pleut comme il faut, 
Le paysan bonasse 
Dit à sa femme : il faut, 
Lui remplir sa besace, 
Lui remplir jusqu'en haut.

M'a dit la pluie : Écoute
Ce que chante ma goutte, 
Ma goutte au chant perlé. 
Et la goutte qui chante 
M'a dit ce chant perlé 
Je ne suis pas méchante, 
Je fais mûrir le blé.


E) Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle -Charles BAUDELAIRE

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

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